Biographie

Yvonne Bourlat (1921-2016) est un grand peintre du vingtième siècle, inclassable, qui a exploré tous les styles. Elle est à la fois d’avant-garde et d’une certaine rigueur classique.

Entrée dans un atelier de Montmartre à neuf ans (en 1930), elle émerveille par son talent. Puis c’est Cannes qui l’éblouit et l’incite à peindre : portraits, paysages, natures mortes, fleurs… (Salon des Beaux Arts de Cannes en 1941).
En 1942, à Paris, elle fréquente l’Académie de la Grande Chaumière où elle participe aux croquis de cinq minutes (dessins de nus : crayon, sanguine, fusain). L’année suivante, elle peint les rues sans voiture, les chalands immobilisés sur le quai, le jardin du Luxembourg… Ce qui fait la valeur de cette oeuvre de jeunesse, c’est sa grande fraîcheur et sa spontanéité. Elle reçoit le prix Castelucho pour « LePont Neuf »et expose dans les grands salons parisiens : LA NATIONALE (mai 1943), LES MOINS DE TRENTE ANS (nov. 1944), L’ECOLE FRANÇAISE (déc. 1944)…
En 1955, elle figure parmi les finalistes du GRAND PRIX INTERNATIONAL DE PEINTURE DE DEAUVILLE.

Présentée à Pablo Picasso en 1946, elle se définit comme «peintre du dimanche» car la vie l’a éloignée de l’Art. Elle s’y remet pourtant dans le secret et, beaucoup plus tard, dans les années 80.  Dans cette œuvre de maturité (crayons et feutres), ce sont les sentiments qui transparaissent, la souffrance, l’amour, mais aussi la recherche d’une réalité profonde. L’artiste fouille dans les profondeurs de l’âme de ses personnages. Elle montre leur multiplicité, leurs problèmes, le secret qu’ils hébergent : une femme cachée, un amant, un père autoritaire…  Elle peint aussi la spiritualité. Sous son crayon apparaissent des personnages très élevés, de grands maîtres de sagesse, comme venus de pays lointains. Puis elle se lance définitivement dans l’abstrait.

 

Autres sites :

Facebook : Galerie Bourlat (Album Visage; Album Dance…), et Yvonne Bourlat artiste-peintre (Les nus de la Grande Chaumière ; Autoportraits, etc.).

YouTube : Galerie Bourlat (La Femme, version longue, et version courte avec son,  et Regard d’artiste sur le 6ème arr. de Paris en 1942-43)

Blog : un autre aperçu biographique d’Yvonne Bourlat avec gouaches de jeunesse et textes (cliquer sur « blog »)

Bibliographie :

Le monde de l’incompréhension, éditions Sydney Laurent (juillet 2018)
La fleur et le hanneton (recueil de nouvelles, inédit)
Albums d’art :
– Œuvres de lumière et d’ombres – les étapes de sa création (juillet 2017)
– L’amour (août 2017)

– L’abstrait (août 2017)

Expositions:

Salon des Médecins, Galerie Beaux Arts, Fg Saint-Honoré, Paris 8 (27/01-3/2 1935)

Salon des Beaux Arts de Cannes, Hôtel Miramar (1941)

Galerie Serguy, Cannes (1941)

Galerie Castelucho, Paris 6 (1943)

La Nationale des Beaux Arts (7 mai-6 juin 1943)

4ème Salon des Moins de Trente ans (12-30 novembre 1944)

Salon de l’Ecole Française (Décembre 1944)

VIème Grand Prix International de  peinture de Deauville (août 1955)

Salon des Peintres, Mairie du 16ème (octobre 2017)

« La femme« , Mairie du 5ème (7-15 mars 2018)

« Regard d’artiste sur le 6ème arr. de Paris pendant l’Occupation, Mairie du 6ème (8 mars-10 avril 2018)

« Nus« , Galerie Raphaël Imbert, Paris 16 (30-31 mars 2019)

« Les maîtres de sagesse », Square La Fontaine Paris 16 (6 juin 2021).

 

 

A propos de l’autobiographie d’Yvonne Bourlat, Le monde de l'incompréhension

J’ai lu cette autobiographie d’une traite, me passionnant de plus en plus pour la vie de cette femme et artiste trop méconnue. Je lis très souvent plusieurs ouvrages en même temps mais, dans ce cas, je n’y ai même pas pensé tant je me suis laissée absorber dans l’univers d’Yvonne et dans son parcours.

Je pense que la plupart des lecteurs ont ressenti comme moi la profonde authenticité du récit écrit avec talent, cela va sans dire. On pénètre sans difficulté cet univers assombri par le manque d’amour évident de la mère et de la sœur aînée. Cela va même jusqu’à la perversité. J’ai ressenti un être très souffrant, en manque d’amour, et qui, plus que cela, est comme niée en tant que personne. On lit le récit d’une jeunesse écrasée par ses proches et c’est poignant. Heureusement, sa « maman BJ »  lui aura fait sentir ce qu’est l’amour maternel.

Yvonne ploie l’échine, écrasée par tant de démonstrations d’indifférence ou de haine, mais elle garde, et le récit me le fait comprendre, le sens de sa dignité, de sa raison d’être. C’est extraordinaire je trouve. C’est ce que j’appelle de la fierté, ce qui ne veut pas dire orgueil mais le sentiment intime qu’être ce que l’on est est juste, en dépit de toutes les vexations endurées.

Et ce que j’ai bien perçu c’est qu’Yvonne dessine, peint et crée sans discontinuer ; c’est sa force, son élan vital, oui, c’est ainsi qu’elle survit à cet écrasement continu. On devine une force immense en elle. Elle sait qu’art et spiritualité sont inextricablement liés : « J’entends par ART Ce qui jaillit comme d’un silex De l’étincelle spirituelle au contact de la matière, La fixant pour l’éternité »

J’ajouterai simplement que les poèmes qui parsèment ce livre sont très beaux et vous touchent au plus profond de l’âme, comme à la page 66 et qui commence par « La feuille était déjà morte ». Quelle puissance d’évocation !

Maryvonne Hellec,  auteur, compositeur et interprète lyrique,  10/01/2022

 

Yvonne Bourlat, artiste peintre inclassable Elisabeth Canitrot

Si vous voulez aller à la rencontre d’un peintre méconnu, qui a côtoyé de célèbres artistes de son temps, comme Michel Sima, sculpteur et photographe de Picasso, Alphonse Grebel ou Everling Picabia, femme de Francis Picabia, découvrez l’autobiographie d’Yvonne Bourlat, Le monde de l’incompréhension.

Enfant mal aimée, oubliée, tyrannisée par une sœur au fort tempérament, elle a su dans l’art et l’amour trouver son chemin. Peintre déjà récompensée à 13 ans, elle expose dans les grands salons parisiens mais les embûches sont pourtant nombreuses. La guerre, la faim (qui lui a fait troquer des œuvres contre un peu de nourriture), l’occupation, le vol de certaines de ses toiles, la captation d’autres œuvres, n’altèrent pas sa foi mais nourrissent son art et sa nature humble tout en l’éloignant du monde et d’une mise en lumière légitime.

Cet autoportrait lève entre ses pages, émaillées de poésie, une partie des secrets d’une femme hors du commun dont l’art a été le moteur presque tout au long de sa vie.

Elisabeth Canitrot                                                                                                                           écrivain et blogueuse, 6/5/2019.